Une politique tarifaire construite et raisonnable

Publié le 09 octobre 2019

La Fédération des négociants de Paca plaide pour une construction maîtrisée de l’avenir des Vins de Provence.

A la suite des hausses successives du prix des vins de Provence, la Fédération régionale du négoce en gros de vins et spiritueux de Provence-Alpes-Côte d’Azur s’inquiète pour l’équilibre des marchés et appelle à la prudence.

Réuni fin août, le conseil d’administration de la Fédération régionale du négoce, qui rassemble une vingtaine de négociants de Provence-Alpes-Côte d’Azur hors Vaucluse, exprime quelques inquiétudes quant à la situation économique des appellations de Provence. A l’aube de la campagne commerciale du millésime 2019, les négociants pointent plusieurs indicateurs préoccupants.

“Après des années de croissance, nous ne pouvons que constater aujourd’hui deux points inquiétants : le décrochage des ventes en grande distribution française et le ralentissement des exportations”, introduit la fédération du négoce, dans un courrier adressé, courant septembre, aux présidents des ODG Côtes de Provence, Coteaux d’Aix-en-Provence et Coteaux Varois en Provence, ainsi qu’au président de la Fédération des caves coopératives du Var.

Contexte préoccupant

Pour les négociants, “cette rupture n’est pas due qu’aux petites récoltes et manques de volumes” des dernières années. “Elle est également la conséquence de la hausse trop brutale des prix du vrac au vignoble (entre + 60 et 70 %) et de l’absence de gamme de prix en fonction des qualités des marchés”, estiment-ils. “Les négociants des Vins de Provence sont aujourd’hui très soucieux de cet état de fait, qui casse le succès et la dynamique de nos vignobles construits depuis tant d’années par les producteurs et négociants”, alertent-ils.

Pour Jean-Jacques Bréban, Pdg des Vins Bréban, société de négoce basée à Brignoles et président de la Fédération régionale du négoce : “On ne peut pas systématiquement gérer une petite récolte par une hausse de prix. On sent des tensions. On les a déjà senties avec la baisse de plus de 30 % observée en grande distribution. Les exportations tirant très fort aspiraient jusqu’ici le marché, mais aujourd’hui cela devient difficile même à l’export. On a déjà des coups de fil de nos importateurs qui se posent la question du prix. On décroche sur la GD et l’export ralentit. Si demain, on se retrouve avec une récolte importante, ce sera vraiment compliqué”, analyse-t-il. “On est en plus dans un contexte particulier avec une consommation de vin qui continue de baisser, et sur un marché du rosé qui reste porteur, où nous avons de plus en plus de concurrents qui font bon et moins cher. Et il ne faut pas oublier que l’on est sur un produit de consommation, un produit de festivité”, ajoute-t-il. Le représentant des négociants de la région appelle donc à la prudence. “Nous avons fait beaucoup d’efforts pour amortir les augmentations de prix. Tout le monde a bougé ses marges. Nous ne demandons pas que les prix baissent, mais nous avons besoin d’un peu de stabilité. Nous sommes sur des prix rémunérateurs au vignoble, il faut que tout le monde puisse gagner sa vie”, plaide le négociant.

Construire l’avenir du vignoble de façon pérenne

La fédération du négoce juge, par ailleurs, “qu’un retour à une gamme de prix plus large est indispensable cette année, afin de construire de manière plus pérenne la croissance de notre vignoble, et de reprendre une partie de nos positions sur nos marchés historiques, en particulier en France. Avec les deux dernières petites récoltes, tout s’est plus ou moins vendu au même prix, car il y avait besoin de produit. Il est pourtant essentiel d’avoir une fourchette de prix, car tout ne peut pas se payer au même tarif. Et puis cela nous permet de faire de l’animation et de la promotion. C’est indispensable pour vendre actuellement”, défend Jean-Jacques Bréban.

Gabrielle Lantes


Jean-Jacques Bréban, président de la Fédération régionale du négoce est aussi actuellement président du CIVP.

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