Une récolte compliquée pour la Figue de Solliès

Publié le 28 septembre 2021

Alors que les volumes sont annoncés à la baisse, la qualité de la Figue de Solliès est au rendez-vous cette année encore. © G. Lantes

Entamée le 1er septembre, la récolte de la violette AOP Solliès devrait se poursuivre jusque mi-novembre. Déjà, le Syndicat de défense de l’appellation table sur une perte sensible de production.

Ce début de récolte s’avère poussif pour les arboriculteurs de l’appellation Figue de Solliès. Le gel du printemps et la sécheresse du mois d’août n’ont pas été sans effet dans les vergers, et la filière annonce déjà une diminution des volumes par rapport à l’an dernier. “Au global, la récolte est estimée en baisse de 20 %. Après, c’est très hétérogène selon les secteurs : certains font des volumes normaux, d’autres sont dans la moyenne de cette campagne, et pour ceux qui ont subi à la fois le gel et la sécheresse, les pertes peuvent être très importantes“, observe Cyril Kointz, animateur du Syndicat de défense de l’AOP Figue de Solliès, également technicien qualiticien de la Copsolfruit.

Résultat : les volumes – qui augmentent habituellement progressivement sur la chaîne de conditionnement de la Copsolfruit – ont tendance à stagner jusqu’ici. Et le mois d’octobre s’annonce compliqué. “En plus de la perte de récolte, on se prépare à faire face à un pic de production, avec le risque que des fruits restent sur les arbres. Ça va être tendu“, craint Cyril Kointz. “C’est la première année où l’on ressent aussi nettement les effets directs du changement climatique sur la récolte“, souligne-t-il.

La qualité comme priorité

Dans ce contexte, les dégustations organoleptiques organisées tout au long de la récolte laissent heureusement entrevoir une belle qualité de fruit cette saison. “On a de très belles figues, avec de beaux calibres, de bons taux de sucre. Gustativement, c’est top. Les producteurs ont bien travaillé malgré les aléas, et l’arrosage a été bien géré“, précise Cyril Kointz.

L’autre point positif de cette campagne, c’est la première récolte de figue de transformation sous appellation. Jusqu’ici réservée à la figue de bouche, l’AOP Solliès a en effet été étendue, en décembre dernier, au fruit d’industrie. Et les premières figues destinées à la transformation sous signe officiel d’origine et de qualité ont pu être expédiées cette année par la Copsolfruit, bras armé de la filière en matière de commercialisation. Dès 2018, en lien étroit avec le Syndicat de défense de la figue de Solliès, la coopérative a investi dans une station de congélation, de sorte à être en mesure de répondre aux exigences du cahier des charges de l’appellation pour la figue de transformation. “C’est un produit que l’on a l’habitude de travailler et qui est congelé sur site, dans d’excellentes conditions. Le taux de sucre et le calibre minimal sont les mêmes que pour la figue de bouche, ce qui en fait un produit très prisé, particulièrement par les confituriers“, souligne Cyril Kointz. Grâce à l’extension de l’AOP Solliès, la filière pourrait doubler les volumes sous appellation. “Aujourd’hui, sur une année normale, on fait environ 400 tonnes de figues de bouche. On espère faire autant sur la figue de transformation. Pour la Copsolfruit, l’objectif est d’arriver à faire 90 % de figue AOP“, indique Cyril Kointz. La figue d’industrie – qui bénéficiait déjà commercialement de la notoriété de l’appellation – devrait par ailleurs pouvoir être mieux vendue. En 15 ans, le prix net payé aux producteurs pour la figue de bouche a doublé grâce à la reconnaissance en appellation. L’extension pourrait générer une plus-value de l’ordre de 25 % pour la figue destinée à la transformation.

Une dynamique sans cesse renouvelée

La dynamique de filière qui porte la Figue AOP de Solliès est essentielle à la valorisation du produit. Dans cet esprit, les différents acteurs font converger leurs efforts vers une qualité toujours plus irréprochable. Divers projets vont dans ce sens. La Copsolfruit a, par exemple, d’ores et déjà prévu de nouveaux investissements dans les trois années à venir, avec notamment la réfrigération du quai de départ de la coopérative, et la rénovation de ses chambres froides : ces dernières doivent être équipées d’un nouveau système de refroidissement à l’eau, plus sécure et plus respectueux de l’environnement que le système au gaz actuel.

De son côté, le Syndicat de défense de l’appellation porte une démarche collective de certification Haute valeur environnementale (HVE). Quelque 25 exploitations ont déjà validé le premier niveau, et les audits de certification de niveau 3 doivent commencer prochainement. À raison de 20 à 25 exploitations certifiées chaque année, la totalité des producteurs de l’appellation devraient bénéficier du plus haut niveau de certification HVE en 2025.

Gabrielle Lantes


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