Vins de Provence : construire un avenir durable

Publié le 21 décembre 2018

Adhérents et partenaires de l’interprofession étaient réunis au domaine Le Billardier, à Tourves.

Face aux adhérents et partenaires réunis lors de l’assemblée générale du 6 décembre, le président du CIVP, Jean-Jacques Bréban, a insisté sur la nécessité de pérenniser collectivement le succès des Vins de Provence.

C’est un message de raison que le président du CIVP veut d’abord adresser. “Notre vigno-ble vit une période intense et inédite. Nos exportations ont quadruplé en cinq ans. Notre valorisation sur les marchés a doublé en dix ans. Les Vins de Provence sont la référence des vins rosés dans le monde, et la demande ne cesse de progresser à l’international. Mais il est urgent aujourd’hui de se poser les bonnes questions, et d’y apporter les bonnes réponses. Nous avons su construire, depuis plusieurs dizaines d’années, le succès de nos rosés. Nous ne devons pas casser la dynamique en quelques mois, par une gestion à court terme et une vision sans lendemain. Les petites récoltes successives de ces deux dernières années entraînent une surchauffe du marché. La demande est plus forte que l’offre. Doubler les prix de nos vins en dix ans c’est bien. 70 % en plus sur le prix vrac de nos AOC en deux ans, c’est trop !”, défend Jean-Jacques Bréban.

Un triple objectif pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain

Au-delà de la stratégie d’influence et d’image développée par le CIVP, le président de l’interprofession des Vins de Provence insiste sur trois objectifs en particulier. “Le changement climatique et la transition écologique d’abord. C’est une nécessité environnementale, bien sûr, mais aussi économique. Comment pourrons-nous justifier notre positionnement de leader sur le rosé, si nous ne sommes pas plus respectueux de l’environnement que les autres ? Bordeaux a fait son plan climat. Champagne aussi. Et le Languedoc vient d’annoncer des objectifs de 40 % des exploitations en HVE et 20 % en bio d’ici dix ans. La transition écologique sera ainsi le thème des 5es rencontres internationales du rosé, que nous organisons avec le Centre du Rosé à Marseille, le 22 janvier prochain”, entame-t-il.

Avant de poser la question de la gestion collective : “Nous le voyons cette année avec une campagne particulièrement tumultueuse dans les achats. Les orientations des entreprises du vignoble en matière de qualité, de valorisation et de marchés cibles sont déterminantes pour les Vins de Provence. Nous avons la chance d’avoir de grandes marques, de grandes entreprises, mais aussi de très beaux domaines qui sont des locomotives pour nos appellations. Ils font beaucoup pour le succès de nos vins. Mais il ne faut pas oublier que la notoriété et l’image des Vins de Provence, construites collectivement depuis des années, font également beaucoup pour leurs marques et leurs cuvées. Tout le monde doit se sentir concerné par notre avenir commun, et être présent autour de la table quand on en discute. Or ce n’est pas le cas, ne serait- ce qu’aujourd’hui à notre AG. Cela doit changer.”

La diversification à l’export est enfin une autre orientation défendue par le président du CIVP. “Nous ne pouvons que nous réjouir de notre croissance sur le marché américain, mais il serait trop dangereux de mettre tous nos vins dans le même panier. Nous avons donc décidé d’engager un budget de communication plus important sur des marchés émergents en Asie, et réfléchissons à un plan de communication plus ambitieux sur cette zone dans les prochaines années”, plaide Jean-Jacques Bréban.

Se donner les moyens de ses ambitions

“L’interprofession suit une stratégie claire et identifiée : renforcer le leadership des Vins de Provence, et accompagner la montée en gamme de nos vins. De ce fait, les actions se concentrent depuis quelques années sur la notoriété et l’image, afin de consolider le positionnement sur les marchés mûrs, et d’accompagner le développement sur les marchés valorisants à l’export”, résume Jean-Jacques Bréban, en saluant le travail des équipes. Pour autant, le président du CIVP pose en parallèle la question des moyens collectifs et des ambitions que le CIVP veut se donner. “Pouvons-nous vraiment revendiquer le statut de leader qualitatif mondial sur les rosés avec quasiment le plus petit budget de communication collective de France ?”, interroge-t-il.

G. Lantes


Jean-Jacques Bréban, président du CIVP (à gauche), aux côtés du directeur Brice Eymard.

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